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cailloux jetés sur le sable, utilisés en géomancie

La géomancie

  • Le 29/10/2021

Méthode divinatoire fondée sur un rituel codifié mêlant hasard, divinité et arithmétique, la géomancie est un art ancestral proche de la taromancie.

La géomancie, formée à partir préfixe geo, issu du grec ge, pris pour « la Terre » et de manteía, qui signifie « mantique, divination » est la technique divinatoire qui consiste à prédire l’avenir grâce à des cailloux, des graines ou des bâtonnets lancés sur le sol, ou des points et des traits tracés au hasard dans le sable et la terre et dont le géomancien interprète ensuite la symbolique en fonction d’une grille de lecture extrêmement complexe et codifiée.

On dénombre plusieurs traditions, parmi lesquelles la géomancie arabe, africaine (qui aurait donné naissance à une tradition vaudou), malgache sous le nom de Sikidy, créole égyptienne ou encore coréenne.

Un art divinatoire ancré dans la terre

La géomancie est un art qui peut surprendre par le contraste entre ce qu’il a d’élaboré et de rudimentaire. La simplicité des moyens est frappante. Nul besoin d’un cristal recherché. Seuls suffisent des traits et des points tracés hâtivement dans la terre à l’aide de son doigt ou d’un bâtonnet, ou de petits graviers (ou des graines) lancés entre des lignes, ou encore des dés qui roulent sur le sol. C’est tout ce dont vous aurez besoin en terme de matériel.

Le contact étroit avec le sol, la Terre est extrêmement important.

Car la puissance divinatoire géomantique réside (bien que cela puisse varier d’une culture à l’autre) en tout premier lieu dans la force tellurique, la Terre qui s’exprime, ce dont le géomancien se fait l’interprète : il est un initié capable de décrypter des combinaisons, de réaliser des calculs relevant d’une véritable arithmétique et d’interpréter les figures obtenues parmi les plusieurs milliers (voire dizaines de milliers) de variantes combinatoires possibles. C’est lui en effet qui possède totalement le savoir permettant son interprétation, une codification d’une rare complexité permettant une grande finesse analytique.

La divinité parle dans le hasard

Ce que la géomancie a de remarquable, c’est qu’elle fait cohabitater le hasard (qui s’incarne dans le lancer de cailloux, de graines, ou de dés, etc.) avec le calcul extrêmement rigoureux et compliqué qui a lieu à partir de la forme géométrique sommaire obtenue grâce au lancer.

La place accordée au hasard a un rôle fondamental, car c’est dans le geste, qu’il s’agisse d’un lancer ou de points tracés « au petit bonheur », effectué par celui qui veut obtenir la prédiction que la divinité parle. Autrement dit, le destin se révèle dans un geste dont l’issue n’est pas maîtrisée par celui qui en est l’auteur. Nul ne sait quelle combinaison les graviers produiront (ou les dés, ou les graines). Et c’est précisément dans cet interstice fournit par le hasard (apparent) que la divinité s’immisce pour délivrer sa parole oraculaire.

C’est d’ailleurs une caractéristique que la géomancie partage avec d’autres mantiques, comme les Tarots (qui utilise les cartes, autre symbole du hasard) et la kybomancie (qui a recours aux dés, encore un symbole de l’aléatoire).

Fonctionnement de la géomancie

En fonction des différentes cultures, la technique est susceptible de varier : même si le principe général de la géomancie reste toujours le même, les noms seront différents d’une région du monde à une autre, et la comptabilité également. Nous nous fondons ici sur la technique telle qu’elle nous est parvenue en Occident.

Après une première phase de concentration, durant laquelle la personne venue recherchée la prédiction expose l’objet de sa requête, le géomancien établit le contact avec la divinité. De sa main, il trace sur le sol (ou, aujourd’hui, avec un stylo sur une feuille de papier qui symbolise la Terre) quatre lignes parallèles. Des points sont censés former des figures au-dessus de ces lignes. On obtient ces points grâce à un lancer de dés, (ou de cailloux, ou de graines). Ce sont ces poins qui servent à représenter les quatre premières (qu’on appelle en Occident les Quatre Mères). Et c’est à ce moment-là que la divinité est censée s’exprimer. Tout le reste sera entre les mains du géomancien.

En effet, à partir de ces quatre figures, le devin obtiendra grâce à une arithmétique complexe les 12 autres (on doit obtenir 16 figures au total), qu’on appelle des « Maisons ». Chaque figure étant composée de points tracés sur des lignes, et chaque point recevant une valeur en fonction de sa situation, des calculs réalisés au sein d’une première série de maison permettront de tracer de nouveaux points dans les maisons suivantes, et ainsi de suite jusqu’à ce que tout le tirage soit développé.

Si l’on examine la branche occidentale, issue de la tradition médiévale, on dénombre ainsi 16 figures, dont les noms seuls suffisent à vous transporter dans le mystère divinatoire : la Voie, la Prison, le jeune Garçon, la jeune Fille, la Queue du Dragon, la tête du Dragon, le Rouge, le Blanc, la petite Fortune, la Grande Fortune, le Gain, la Perte, la Tristesse, la Joie, le Peuple.

Certains y voient une préfiguration de la taromancie. Et en effet, comme avec les tarots, en géomancie aussi on parle de « tirages ». Et il y a également des figures, qu’il faut savoir observer et qui servent de base à l’interprétations.

Les 16 figures servent donc à la construction du tirage (qu’on appelle « graphe »), lequel sert à la réalisation du thème complet. Tout le reste est l'affaire du devin qui va se lancer dans un décryptage détaillé. Une fois tout le tirage obtenu en effet, celui-ci se lance dans l’interprétation. Il explique à la personne venue le consulter la réponse que la divinité apporte à la question qui lui a été posée au travers du rituel de la géomancie.